L’affaire Clearstream empoisonne toujours le gouvernement. Dans son édition du 24 octobre à paraître demain, « le monde » évoque une possible audition par les juges du Premier ministre Dominique de Villepin.
Une chambre de compensation internationale pas nette, un corbeau, des hommes politiques accusés, le rôle flou des services de l’état, l’affaire Clearstream est un véritable condensé de manipulation politique aux relents de relations dangereuses. Afin d’y voir plus clair, les juges Henri Pons et Jean-Marie d’Huy pourraient bien convoquer prochainement Dominique de Villepin pour quelques explications. Mis en cause par Pierre Bousquet de Florian, le directeur de la DST ( direction de la surveillance du territoire) lors de son audition du 18 octobre par les juges, des soupçons de destruction d’une note confidentielle désignant Jean Louis Gregorin comme le « corbeau » de l’affaire pèsent sur le Premier ministre.
Les magistrats ont vu défiler dans leur bureau respectivement l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, Pierre Vimont et son successeur au quai d’Orsay Michel Barnier. Puis l’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. En attendant celle de Michèle Alliot-Marie ministre de la défense, attendue pour la fin du mois. Si la comparution du Premier ministre semble acquise, un certain flou demeure sur son statut : Sera-il simple témoin, ce qui voudrait dire qu’aucune charge ne sera retenue contre lui ou « témoin assisté » voire « mis en examen » ? En effet, Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères en janvier 2004, n’avait alors pas autorité légale pour « gérer » le dossier Clearstream. Conclusion : l’affaire ne relèverait pas selon les juges de la cour de justice de la république (CJR) mais des tribunaux ordinaires.
A Matignon, la contre offensive de la communication a commencée : « (Dominique de Villepin) en sa qualité de ministre de l'Intérieur n'a jamais détruit aucune note de la Direction de la surveillance du territoire ni soustrait aucune information […]
Tous les éléments portés à sa connaissance figurent dans les notes de la DST qui ont été transmises à la justice".
Une explication qui en appelle donc une autre : Toute l’affaire Clearstream –services secrets et accusations politiques incluses- ne serait donc que le fait d’un dangereux mythomane patron d’EADS (Jean-Louis Gergorin) et d’un pirate informatique (Imad lahoud).
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