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Mercredi 14 février 2007

Stupéfaction après les révélations d’un tabloïd anglais : La coalition aurait envisagé de bombarder le siége d’Al Jazeera au Qatar, un pays allié.

 

La publication, le 22 novembre, par le « Daily Mirror », d’un rapport confidentiel sur le bombardement de la chaîne arabe plonge la coalition en Iraq dans l’embarras. Sur 5 pages, le memo décrit l’attaque du siége d’Al Jazeera à Doha, la capitale du Qatar. C’est à l’occasion d’un sommet Bush-Blair le 16 avril 2004 que le sujet aurais été abordé. «Le mémorandum est explosif et très dommageable pour Bush. Il a clairement fait comprendre qu'il voulait bombarder «Al Jazeera» au Qatar ou ailleurs. Blair a rétorqué que cela poserait un grave problème» explique un responsable du journal.. L’affaire aurait tout du canular si le procureur général du Royaume-Unis, Lord Goldsmith n’avait pas rappelé à l’ordre les journaux qui s’en sont fait l’écho grâce à une loi condamnant la divulgation d’informations classées. Du jamais vu outre-manche où la liberté de presse est quasi-totale. Pour un porte-parole du gouvernement américain  « il est fantaisiste d'imaginer que le président des Etats-Unis, un chantre de la liberté de la presse dans le monde, pourrait avoir envisagé sérieusement de faire quelque chose de ce type ». Au royaume-unis, des sources divergentes et anonymes se contredisent sur la véracité de ces révélations. Pour Al Jazeera « si le rapport est correct, cela soulèverait,  de sérieux doutes concernant la version de l'administration américaine sur de précédents incidents ayant impliqué des journalistes et des bureaux» du network arabe.

 

Octobre 2001, le bureau de la chaîne à Kaboul est bombardé. L’antenne est vide, car les journalistes ont fuit les « représailles » au 11 septembre. Pour l’armée américaine, qui s’exprime par le biais de l’amiral Craig R Quigley le bombardement « était une erreur » imputable à une arme « allée de travers ».

 

Autre guerre, autre « erreur » : Le 8 avril 2003 le bureau à Bagdad d’Al Jazeera est pilonné par l’armé américaine. Le journaliste Tariq Ayoub est tué. Le même jour, c’est l’hôtel Palestine où logent les journalistes qui est à son tour attaqué : trois morts.

 

Le 8 septembre 2003, Ayseer Alouni, le correspondant de guerre vedette de la chaîne Qatarite, est arrêté à Madrid. Le juge de l’alliance nationale Espagnole, Baltazar Garzón, le soupçonne d’appartenir à Al-Qaeda d’après des sources Israéliennes et étasuniennes. Il sera libéré le 23 octobre 2003 sans qu’aucune charge n’ai été retenue contre lui.

 

Selon Aidan White, le secrétaire de la fédération internationale des journalistes : « au cours des dernières années, une irritation des Occidentaux, particulièrement des États-uniens, s’est exprimée à l’encontre des médias arabes, et particulièrement d’Al-Jazeera. Ses bureaux ont été attaqués militairement d’abord en Afghanistan, puis deux fois en Irak. Avec cette arrestation, cela commence à ressembler au développement d’une chasse internationale aux sorcières ».

 

Pour l’heure, le bombardement de la chaîne ne serait plus à l’ordre du jour car elle risquerait de soulever la population Qatarite contre les bases américaines stationnées dans ce pays allié de la coalition.

 
Damien Waltisperger
Par Damien Waltisperger
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Mercredi 14 février 2007
 

L’assassinat en pleine rue, mardi 21 novembre, du ministre libanais de l’industrie Pierre Gemayel, plonge le pays dans la consternation. Les condamnations intérieures et internationales unanimes masquent mal la crainte d’une nouvelle guerre civile dans ce pays multiconfessionnel et multiethnique.

 

Un an et demi après la mort du Premier ministre Rafic Hariri c’est au tour d’un nouveau ministre défavorable à la Syrie d’être exécuté. Une fois de plus, le régime de Damas et son président Bachar Al-Assad sont montrés du doigt. Comment en effet ne pas voir la marque de la Syrie dans cet assassinat perpétré à quelques heures de la réunion du conseil de sécurité de l’ONU portant sur l'adoption du projet de règlement intérieur du tribunal à caractère international sur l'assassinat de Rafic Hariri ?

 
D’AUTRES PISTES
 

Pourtant, d’autres pistes politiques sont envisagées. Pierre Gemayel et la majorité dont il était membre avec son groupe politique des Kataëb (phalangistes chrétiens) avait des adversaires libanais. Ainsi, l’opposition contestait la légitimité constitutionnelle de son gouvernement après le départ, il y a dix jours, de 6 membres –dont 5 chiites- censés la représenter. L’ancien Premier ministre libanais pro-Syrien -Soleiman Frangié- juge la majorité coupable du meurtre de Pierre Gemayel. Une piste que le mode opératoire du « contrat » rend plausible : Pour la première fois, des armes à silencieux ont été utilisées alors que l’assassinat politique se pratiquait auparavant à l’explosif.

 

Dans ce Liban meurtrit par la guerre avec Israël, rien n’est sûr, et les factions politiques et confessionnelles pourraient être tentées de profiter de l’instabilité chronique de la région pour se hisser au pouvoir. Jouant la carte de l’apaisement, la majorité réunie au siége des Kataëb a lancé des appels au calme, et invité ses partisans à participer jeudi aux funérailles de Pierre Gemayel. L’opposition a aussi retardé sa campagne de manifestations visant à « faire tomber » le gouvernement.

 
Damien Waltisperger 22 novembre 2006
Par Damien Waltisperger
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